BÂTIR LE CHAMPION AFRICAIN DE LA LOGISTIQUE

ARNAUD BOURAIMA


PRÉSIDENT-DIRECTEUR GÉNÉRAL DE CAT LOGISTICS

Le parcours d’Arnaud Bouraïma est guidé par une conviction forte : la fluidité des échanges est un levier essentiel du développement africain. Diplômé de Polytech Tours en sciences de l’ingénieur, il débute
chez Capgemini et Sopra Steria, avant de rejoindre Soget, où il pilote des projets de Guichets Uniques et de plateformes portuaires à travers plusieurs pays africains – Bénin, Togo, RDC, Maurice et Côte d’Ivoire. Cette expérience lui permet de développer une connaissance concrète des enjeux logistiques et des défis liés aux corridors africains.
Il poursuit ensuite sa carrière chez Webb Fontaine, où il occupe plusieurs fonctions de direction commerciale, jusqu’à celles de Senior Vice-President Sales Africa et Chief Commercial Officer, devenant une voix reconnue des « smart ports » en Afrique. Aujourd’hui Président-Directeur Général de CAT Logistics, il conjugue expertise technologique, expérience commerciale et connaissance du terrain pour développer des solutions logistiques sur les grands corridors reliant les ports du Golfe de Guinée aux économies enclavées du Sahel.

Avant le dirigeant, il y a eu l’étudiant en ingénierie à Polytech Tours. Qu’est-ce qui a guidé ce choix, et que reste-t-il aujourd’hui, dans votre manière de diriger CAT Logistics, de cette formation
d’ingénieur ?

J’ai toujours été assez curieux de nature. Mon choix s’est porté vers cette école d’ingénieur généraliste car je pouvais élargir mon champ de compétences sans me spécialiser dans un domaine en particulier. Mon type de management s’inscrit dans la droite lignée de ce choix car je suis curieux des différents aspects de l’entreprise afin de mieux en cerner les rouages et les axes d’amélioration. Votre parcours vous a mené du conseil, du développement des affaires à l’entrepreneuriat. Quel fil invisible reliait déjà toutes ces étapes à ce que vous construisez aujourd’hui ? Je suis de nature assez curieuse et j’aime affronter des challenges qui me semblent insurmontables au premier regard. C’est cette volonté de toujours me confronter à des challenges différents et nouveaux qui a guidé mes choix de carrière. Toujours apprendre de nouvelles choses, toujours remettre en question ses convictions, m’exposer à de nouvelles sources de savoir.

Qu’est-ce qui vous a conduit à quitter les grands groupes internationaux pour entreprendre et investir dans la logistique en Afrique ?

En effet, ce choix relève d’un constat simple. Pendant mes années au sein de ces grands groupes où j’ai pu sillonner le monde et l’Afrique en particulier, je me suis rendu compte qu’en Afrique il y avait des compétences mais malheureusement les outils à disposition du personnel ne leur permettaient pas toujours de laisser é clo r e leurs ta lents . Ils n’avaient pas eu la chance comme je l’ai eue, de faire des études en occident et y débuter leur carrière. Je me suis dit qu’en créant un cadre où ils auraient accès aux mêmes outils qui ont été mis à ma disposition de par ma formation e t m o n p a r c o u r s professionnel, je pourrai créer les conditions pour l’épanouissement de ces nombreux talents et contribuer ainsi au développement du continent

Comment CAT Logistics s’adapte-t-elle à la recomposition actuelle des corridors reliant les ports du Golfe de Guinée au Sahel et à l’évolution des principaux axes régionaux ?

Nous sommes le seul groupe à capitaux africain à avoir une aussi large présence en propre dans le domaine. Notre groupe tente d’allier ce qu’il y a de meilleur dans les deux mondes : celui de l’entreprenariat structuré de l’occident et celui de l’Afrique, riche de sa diversité culturelle et ancré dans les valeurs humaines et sociales. Notre présence en propre nous permet d’offrir les meilleures solutions logistiques à nos clients quelle que soit la situation géopolitique en vigueur car notre priorité demeure la disponibilité du bien dans les meilleurs délais et aux meilleures conditions tarifaires et sécuritaires.

Les économies enclavées telles que le Niger, le Burkina Faso, le Mali dépendent d’un nombre restreint de routes vers la mer. Quelles solutions CAT Logistics apporte-t-elle aux chargeurs pour fiabiliser l’acheminement vers ces destinations ?

Notre groupe existe depuis 2002 et justifie d’une grande expérience dans le domaine et a vécu de nombreuses mutations du secteur. Une des valeurs du groupe est la capacité d’adaptation. C’est cela qui nous permet de faire face aux nombreux défis que vous évoquez. Notre connaissance des contraintes régionales, mais également de ses atouts, nous permet de veiller à toujours proposer à nos clients la meilleure solution logistique aux regards de leurs priorités.

Le secteur logistique est un gisement d’emplois majeur de la sous-région. Quel rôle CAT Logistics joue-t-elle dans la formation des jeunes talents africains, et comment voyez-vous l’évolution des métiers avec la digitalisation ?

Comme je le disais en introduction, le continent regorge de talents mais souvent mal formés et/ou mal outillés. Nous devons d’abord régler ce préalable afin de maintenir leur niveau d’employabilité. C’est pour cela que je crois beaucoup à la formation continue. Nous avons mis en place des mécanismes qui nous permettent d’être au plus proche de nos collaborateurs afin d’identifier leurs axes d’amélioration et les formations adéquates.
La digitalisation quant à elle nous permettra de faire un bond qualitatif dans le traitement de nos dossiers. L’Afrique ne doit pas rester en marge de cette évolution et nous pouvons constater de nombreuses initiatives dans ce sens à travers le continent. Cependant, le continent ne s’est pas suffisamment approprié cette question dans l’environnement portuaire, logistique et douanier. Nous devons pouvoir offrir des solutions qui répondent à nos réalités mais en s’appuyant sur nos compétences. Sans bien entendu réinventer la roue.

À cinq ou dix ans, où voyez-vous CAT Logistics ? Quels nouveaux marchés, métiers ou technologies (smart ports, traçabilité, rail) comptent le plus dans votre feuille de route ?

Le groupe est piloté par un plan à dix ans que nous avons appelé «Vision». Notre objectif est de devenir le champion de la logistique avec des capitaux africains. Cela passe donc par plus d’intégration dans notre chaine de valeur (transport, entreposage, etc.) et un renforcement de notre capital humain.

Si un jeune Africain venait vous voir animé par l’envie d’entreprendre dans la logistique, quels seraient vos conseils ?

Je lui dirai que c’est un domaine passionnant. Cependant, les multinationales ont une avance considérable mais pas insurmontable. Nous ne parviendrons à relever ce défi que par l’union. Je l’inviterai donc à rejoindre notre projet afin qu’ensemble nous bâtissions ce champion de la logistique.

Interview réalisées par / Interview conducted by A. KOUASSI Junior

Leave a reply

Follow
Search
Loading

Signing-in 3 seconds...

Signing-up 3 seconds...