Vers une digitalisation intégrale du Port de Douala d’ici septembre 2026

Actualités02/19/2026

Le Port autonome de Douala (PAD)** ambitionne de rendre entièrement numérique le fonctionnement de sa plateforme portuaire à l’horizon septembre 2026. Cette annonce fait suite à une étude approfondie menée au sein du port afin d’évaluer la performance des procédures de transit, d’importation, de dédouanement et d’enlèvement des marchandises.

Conduite entre 2021 et 2024 par l’Observatoire régional des pratiques anormales (OPA), l’enquête, dévoilée le 12 février 2026 lors d’un atelier régional à Douala, révèle que la dématérialisation reste incomplète. Bien que des outils numériques tels que le Guichet unique du commerce extérieur (Guce) ou Camcis soient déjà en place, leur utilisation demeure partielle.

Certaines opérations, notamment l’émission du titre de transit ou de la Lettre de voiture internationale (LVI), nécessitent encore des démarches physiques. Cette situation favoriserait des pratiques illicites, signalées par 20 à 30 % des commissionnaires agréés en douane interrogés.

Des coûts et délais jugés excessifs

Le rapport met également en lumière des délais et frais considérés comme élevés par les opérateurs. Les procédures liées à la levée de caution, à l’installation des balises GPS ou encore au traitement SGS sont perçues comme supérieures aux standards habituels.

En moyenne, le dédouanement d’une cargaison prend huit jours. Toutefois, certains cas enregistrent jusqu’à 39 jours entre la validation du manifeste et l’ouverture effective de la procédure. Les camions passent environ trois jours dans l’enceinte portuaire. Les formalités peuvent représenter jusqu’à 180 000 FCFA par camion, avec des charges importantes liées aux opérations de pesage et à la pose des dispositifs GPS.

Un système d’information unifié en préparation

Cette plateforme vise à centraliser l’ensemble des données provenant des armateurs, consignataires et acconiers dans un module unique accessible aux différents intervenants. Selon Jean Yves Massouka, responsable de la cellule de facilitation des échanges au PAD, le dispositif devrait être pleinement opérationnel en septembre 2026, marquant ainsi une dématérialisation complète et effective des procédures portuaires.

Pour Albert Etoundi, président du Syndicat national des transitaires, acconiers et consignataires (Syntac), la numérisation totale pourrait constituer une réponse durable aux dysfonctionnements constatés.

L’OPA recommande par ailleurs la mise en place de mécanismes de signalement des pratiques frauduleuses, tels que des lignes vertes ou des plateformes anonymes, ainsi qu’un renforcement des contrôles internes et une responsabilisation accrue des agents afin de limiter les zones de contact propices aux abus.

Kribi également concerné par le programme

Pour remédier à ces dysfonctionnements dans un port qui concentre plus de 80 % des échanges extérieurs du Cameroun — et qui sert également de porte d’entrée aux marchandises destinées au Tchad et à la République centrafricaine — le PAD annonce la finalisation d’un système d’information portuaire intégré.

Une évaluation similaire a été réalisée au Port autonome de Kribi, dans le cadre du Programme d’appui à la gouvernance des infrastructures régionales et nationales en Afrique centrale (PAGIRN), financé par l’Union européenne.

L’étude souligne l’importance d’une mobilisation conjointe des acteurs privés, des transporteurs et des administrations publiques pour assurer une gouvernance cohérente des corridors logistiques.

L’objectif est clair : faire de Douala et Kribi des plateformes logistiques performantes, capables de soutenir l’intégration régionale et de renforcer l’attractivité de la zone Cemac (Cameroun, Gabon, Congo, Tchad, Guinée équatoriale et République centrafricaine).

Selon Pierre-Guillaume Boum Bissai, représentant résident de la Commission de la Cemac, l’OPA doit être perçu non seulement comme un outil d’analyse, mais comme un levier stratégique au service de la compétitivité régionale. Certaines recommandations ont déjà commencé à être appliquées, notamment la mise en place progressive d’une brigade mixte Cemac pour fluidifier les échanges, le renforcement des accords bilatéraux de transit et le développement de partenariats public-privé avec l’UE.

Un atelier de restitution finale est prévu en mars prochain à Yaoundé, en présence des institutions du Cameroun, du Tchad et de la République centrafricaine.

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