Le gouvernement ivoirien a adopté un décret qui institue des périodes de repos biologique dans les pêcheries marines, lagunaires et lacustres. L’objectif est de préserver les stocks de poissons et de leur laisser le temps de se reconstituer.
La mesure a été annoncée par le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, à l’issue du Conseil des ministres du mercredi 14 octobre 2026, au Palais présidentiel d’Abidjan-Plateau.
Le texte a été présenté par le ministère des Ressources animales et halieutiques, en liaison avec le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget.
« Pendant toute la durée des périodes de repos biologique, il est interdit à tout navire et à toute embarcation de pêche, ainsi qu’à toute personne physique, de procéder à une quelconque opération de pêche dans les eaux concernées », a précisé le porte-parole du gouvernement. Autrement dit, la pêche est interdite aux professionnels comme aux particuliers pendant ces périodes.
Le décret s’appuie sur la loi n°2016-554 du 26 juillet 2016 relative à la pêche et à l’aquaculture. Il tient aussi compte des engagements internationaux de la Côte d’Ivoire en matière de conservation durable des ressources halieutiques. La fermeture saisonnière de la pêche existe déjà dans le pays.
Le décret lui donne un cadre réglementaire pour les eaux maritimes, lagunaires et lacustres.
Pour le ministre des Ressources animales et halieutiques, le repos biologique est un impératif écologique, économique et social. Suspendre ou encadrer temporairement la pêche favorise la reproduction des espèces, la croissance des juvéniles et la reconstitution naturelle des stocks.
Le communiqué du 14 octobre ne précise pas les dates des périodes fixées par le nouveau décret. Pour 2026, le ministre avait annoncé en juin un repos biologique intégral dans les eaux marines, du 1er juillet au 31 août. Il avait aussi annoncé un repos sélectif dans les eaux lagunaires, du 1er juillet au 31 août, et dans les eaux continentales, du 1er septembre au 31 octobre.
Ce repos sélectif vise en priorité les engins et les pratiques les plus nuisibles aux ressources, tout en maintenant une activité minimale encadrée pour les méthodes de pêche moins destructrices.
Pour les pêcheurs, l’arrêt temporaire de l’activité a un coût immédiat. Mais l’État mise sur le long terme, des stocks reconstitués garantissent la pérennité de la filière et les revenus de ceux qui en vivent. L’enjeu sera désormais de faire connaître les périodes de fermeture et de les faire respecter sur le terrain.