SIERRA LEONE LANCE SA COMPAGNIE MARITIME NATIONALE POUR REPRENDRE LA MAIN SUR SON COMMERCE EXTERIEUR

Les infrastructures portuaires ne suffisent plus à placer une économie africaine sur la chaîne de valeur du commerce maritime. Les capacités de transport et les services associés deviennent des leviers stratégiques, que Freetown entend désormais explorer.

Le président Julius Maada Bio a lancé, le lundi 19 octobre, la Sierra Leone Ocean Shipping Company (SLOSCo), nouvelle compagnie maritime nationale. Elle est issue d’une coentreprise entre la Sierra Leone National Shipping Agency (SLNSA) et Zhejiang Xiehai Group Co Ltd. Selon la presse locale, l’agence publique détient 30 % du capital, contre 70 % pour le partenaire chinois.
Le projet prévoit une flotte de 50 navires, dont 30 dans une première phase. L’objectif est de développer des capacités nationales de transport de marchandises et de renforcer la présence du pays dans les activités maritimes liées à son commerce extérieur. « Nous avons dépendu des compagnies maritimes internationales pour exporter et importer nos produits. Aujourd’hui, nous franchissons une étape audacieuse », a déclaré le chef de l’État.
La SLOSCo arrive dans un contexte où le transport maritime desservant l’Afrique est largement assuré par des opérateurs étrangers. MSC, Maersk, CMA CGM, COSCO Shipping et Hapag-Lloyd, figurent parmi les principaux acteurs du conteneur en Afrique subsaharienne. Un armateur national pourrait permettre à Freetown de participer plus directement à cette activité et de créer des débouchés dans les métiers connexes.
Une compagnie maritime ne garantit pas, à elle seule, une baisse des coûts du commerce extérieur ou une hausse des revenus du pays. La viabilité de la SLOSCo dépendra du financement et de la disponibilité des navires, de l’identification de routes rentables, de l’accès à des volumes réguliers de marchandises et de sa capacité à rivaliser avec les opérateurs déjà installés.
Elle devra aussi s’appuyer sur des compétences locales en exploitation maritime, gestion commerciale et logistique. Le développement de ces capacités, et l’accès des entreprises sierra-léonaises aux services proposés, détermineront si la compagnie peut devenir un outil durable de participation au commerce maritime internationale