Ports et chemins de fer : la BEI soutient le grand chantier de modernisation de Transnet en Afrique du Sud

Actualités11/29/2025

L’Afrique du Sud poursuit une réforme logistique d’envergure pour renforcer ses capacités d’exportation. Cette dynamique vient d’être confortée par un nouveau financement européen, à un moment où les infrastructures portuaires et ferroviaires sud-africaines sont au centre de la performance économique du pays et de sa transition énergétique.

La Banque européenne d’investissement (BEI), à travers sa branche internationale EIB Global, a accordé la semaine dernière un prêt de 350 millions d’euros à Transnet, l’entreprise publique responsable du fret et de la logistique en Afrique du Sud. Cette annonce intervient peu de temps après que Transnet a dévoilé son intention d’injecter 127 milliards de rands, soit 6,3 milliards d’euros, dans la modernisation de ses réseaux au cours des cinq prochaines années.

La signature de ce nouvel accord s’est tenue à Johannesburg, en présence du président Cyril Ramaphosa et de Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne. L’Union européenne accompagne le prêt d’une subvention de 21 millions d’euros, destinée à soutenir la réhabilitation des infrastructures ferroviaires et portuaires du pays. Ce financement s’inscrit dans le cadre de la Just Energy Transition Partnership, un programme international qui appuie la transition énergétique sud-africaine, en cohérence avec l’initiative européenne Global Gateway.

Accélérer la transition vers un transport plus propre

Outre la rénovation des infrastructures, les fonds contribueront également au développement d’actifs liés à la future filière de l’hydrogène vert. L’Union européenne considère ce secteur comme un levier majeur de décarbonation. Pour la BEI, ces investissements doivent permettre de réduire les émissions du secteur logistique, d’améliorer la performance du transport de marchandises et de renforcer l’interconnexion commerciale du pays. La banque estime que le projet aura des retombées positives dans plusieurs domaines économiques et contribuera à soutenir l’activité et l’emploi.

Ambroise Fayolle, vice-président de la BEI, a souligné l’importance humaine et sociale de ce partenariat :

« Ce projet concerne directement les populations et les communautés qui dépendent chaque jour d’un système de transport fiable. En accompagnant la transformation de Transnet, nous renforçons les liens nécessaires au développement des entreprises, à l’accès à de nouvelles opportunités et à la prospérité des familles. »

La directrice générale de Transnet, Michelle Phillips, a rappelé que ce soutien arrive à un moment clé pour l’entreprise.

« Disposer d’infrastructures modernes et durables est indispensable pour une économie dynamique. Ces financements nous permettront d’accroître notre efficacité, de réduire nos émissions et de préparer nos ports et nos voies ferrées à un avenir plus vert et mieux connecté », a-t-elle déclaré.

Une stratégie plus large déjà en marche

Ce nouveau soutien européen intervient alors que Transnet était déjà engagé dans un vaste programme pour moderniser ses équipements vieillissants. Leur dégradation a pénalisé les exportations sud-africaines, notamment celles du charbon et du minerai de fer.

En octobre dernier, Michelle Phillips avait expliqué que l’entreprise recherchait aussi bien des partenaires que des financements pour mener à bien son ambition. Parmi les projets pressentis figurent notamment des aménagements au terminal de Richards Bay ou encore la concession du terminal Pier 2 du port de Durban.

Selon des informations relayées par Reuters, Transnet souhaite collaborer plus étroitement avec les compagnies minières et les exportateurs afin d’obtenir des investissements directs, mais aussi attirer des partenaires stratégiques disposant d’expertise et de capitaux.

Durant l’exercice 2024, Transnet a consacré 24 milliards de rands à la modernisation de ses infrastructures et prévoit d’augmenter ce montant à 25 milliards pour l’année suivante. L’entreprise a déjà lancé plusieurs opérations de maintenance majeures, notamment une fermeture de dix jours du corridor du minerai de fer pour permettre des travaux lourds.

Parallèlement, les ports – en particulier celui de Durban – doivent être dotés de nouvelles grues et d’équipements de manutention destinés à améliorer la productivité. Transnet ambitionne d’augmenter progressivement ses volumes ferroviaires pour atteindre 250 millions de tonnes par an d’ici 2030, contre 152 millions de tonnes en 2023/24. En 2017/18, ces volumes s’élevaient encore à 226 millions de tonnes.

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