
En mai 2009, le Port Autonome du Havre et l’IPER recevaient le prix Local Community & Ports du concours Genoa IAPH Essay Contest. Leur plaidoyer,
«Réseau International des Femmes Portuaires : L’initiative Ouest et Centre-APicaine», posait un jalon essentiel : l’accès des femmes aux postes de direction dans les ports africains ne reposerait pas sur de simples slogans d’égalité, mais sur la validation concrète des compétences et la formation
professionnelle.
Dix-sept ans plus tard, en 2026, la publication du deuxième volume d’Harbors acte des progrès indéniables. Si la parité n’est pas encore la norme dans des ports majoritairement masculins, les barrières tombent grâce au mentorat et au partage d’expériences. De Tanger à Durban, en passant par Abidjan, Djibouti ou Walvis Bay, des femmes occupent désormais des fonctions de Directrices Générales et pilotent des strates décisionnelles clés : opérations, innovation et gestion environnementale. Leur leadership apporte une plus-value distinctive dans la gestion des conflits, la recherche de consensus et la transformation culturelle des métiers logistiques.
Toutefois, le chemin reste à parcourir. Comme le soulignaient déjà Alix & Gruchy en 2009, l’enjeu dépasse la simple féminisation des effectifs : il s’agit d’intégrer des valeurs managériales complémentaires pour favoriser les retombées sociales des activités portuaires sur les communautés locales. À l’aube de la lecture des témoignages inspirants de ce numéro, cette vision demeure plus actuelle que jamais :
«Le pari est de voir se développer d’autres formes managériales basées sur des valeurs différentes. […] Au-delà d’une féminisation de la direction des ports, ce sont des bouleversements sociétaux qui sont espérés avec le soutien de nouveaux réseaux solidaires.»