
L’année 2025 marque une nouvelle étape majeure dans la modernisation et la montée en puissance du Port d’Abidjan. Avec un trafic global net atteignant 46,9 millions de tonnes, soit une progression de 17 % par rapport aux 40,1 millions de tonnes enregistrées en 2024, la plateforme portuaire confirme sa dynamique de croissance. En trafic brut, le volume s’élève à 50,6 millions de tonnes, en hausse de 15,9 % comparativement à l’année précédente.
Ces résultats renforcent la position du port comme principal hub maritime d’Afrique de l’Ouest et illustrent l’efficacité des choix stratégiques engagés depuis plus d’une décennie.
Une performance obtenue dans un environnement exigeant
Cette progression intervient pourtant dans un contexte régional marqué par une concurrence accrue entre ports ouest-africains, des tensions géopolitiques persistantes et des transformations rapides des chaînes logistiques internationales. Malgré ces contraintes, le Port d’Abidjan démontre une capacité d’adaptation notable ainsi qu’une solidité structurelle confirmée.
Le trafic national, moteur principal de la croissance
Le trafic national demeure le socle de l’activité portuaire. En 2025, il atteint 34,4 millions de tonnes, enregistrant une augmentation significative de 20,7 %.
Cette évolution reflète non seulement l’importance stratégique du Port d’Abidjan comme principale porte d’entrée et de sortie des échanges commerciaux ivoiriens, mais également la vitalité de l’économie nationale et le développement continu du tissu productif du pays. Le port apparaît ainsi comme un indicateur fiable de la dynamique économique ivoirienne.
Une progression continue du trafic conteneurisé
Le segment des conteneurs poursuit également sa progression. Le trafic conteneurisé atteint 1,7 million d’EVP en 2025 contre 1,6 million en 2024, soit une hausse de 3,8 %.
Pour la deuxième année consécutive, le seuil du million d’EVP est largement franchi, confirmant le rang du Port d’Abidjan parmi les principales plateformes logistiques de la sous-région. Cette évolution résulte notamment des investissements réalisés dans l’extension et la modernisation des terminaux, qui ont permis d’améliorer la productivité opérationnelle et la qualité des services.
Rebond marqué du trafic vers l’hinterland
Le trafic de transit à destination des pays enclavés connaît une reprise particulièrement forte, atteignant 3,9 millions de tonnes contre 2,9 millions en 2024, soit une progression de 34,9 %.
Les échanges avec le Burkina Faso augmentent de 15 %.
Les flux vers le Mali enregistrent une hausse remarquable de 83,1 %, passant de 0,8 à 1,5 million de tonnes.
Ces performances traduisent le regain de compétitivité des corridors Abidjan–Ouagadougou et Abidjan–Bamako, ainsi que la confiance renouvelée des opérateurs économiques de l’hinterland malgré un contexte politique régional parfois complexe.
Un léger recul du transbordement maîtrisé
Le trafic de transbordement enregistre une baisse limitée de 1,3 %, conséquence directe de la concurrence accrue entre les hubs portuaires régionaux. Toutefois, cette évolution reste marginale et n’affecte pas la trajectoire globale de croissance du port.
Plus d’une décennie d’investissements structurants
Depuis 2012, plus de 1 000 milliards de FCFA ont été consacrés à la modernisation des infrastructures portuaires sous la direction de Hien Yacouba Sié. Ces investissements ont permis :
d’accroître les capacités d’accueil des navires,
d’améliorer sensiblement la productivité,
d’aligner les installations portuaires sur les standards internationaux.
Les résultats enregistrés en 2025 constituent ainsi une preuve concrète de la pertinence de cette stratégie de transformation à long terme, en cohérence avec l’ambition nationale visant à renforcer la compétitivité économique de la Côte d’Ivoire.
Des objectifs ambitieux pour les prochaines années
Fort des acquis récents, le Port d’Abidjan poursuit sa mutation avec l’objectif d’atteindre 2 millions d’EVP d’ici 2027 et de s’imposer durablement comme un hub logistique incontournable sur la façade atlantique africaine.
Au-delà d’une simple performance annuelle, l’exercice 2025 apparaît comme l’aboutissement d’un cycle d’investissements majeurs et la confirmation d’un modèle portuaire résilient, intégré et résolument tourné vers l’avenir.