
FONDATEUR DU FESTIVAL «LE CHOC DES LÉGENDES»
Juriste, conseiller en gouvernance et entrepreneur culturel d’origine togolaise et allemande, Pascal Gally allie rigueur juridique, vision stratégique et passion pour l’éloquence. Fondateur du Choc des Légendes un festival international mêlant procès fictifs, débats d’idées et projets concrets il transforme la parole en levier d’action collective. À l’aube de sa 5e édition à Cotonou en novembre 2025, placée sous le thème «Le Procès de la Terre», l’événement s’impose comme un laboratoire d’idées et un symbole de l’Afrique qui pense, parle et agit pour elle-même et pour le monde.
Le commerce maritime connaît aujourd’hui une recomposition d’ampleur : gigantisme des navires, consolidation des alliances, accélération de la numérisation, exigences croissantes de décarbonation et reconfigurations géopolitiques infléchissant les routes. Pour l’Afrique, ces chocs exogènes ne constituent pas un déterminisme ; ils peuvent devenir des accélérateurs endogènes de transformation, à la condition d’adosser les projets portuaires à des zones économiques spéciales (ZES) performantes et à des corridors multimodaux fiables. L’enjeu n’est plus tant de «faire escaler des navires» que de convertir les flux en valeur ajoutée locale et en emplois qualifiés.
Quelles motivations personnelles et professionnelles vous ont conduit à créer le Choc des Légendes ?
Le Choc des Légendes est né d’une double gratitude : il est d’abord un hommage puissant à deux géants de la profession d’avocat que j’ai eu le privilège et l’honneur de côtoyer, le Bâtonnier Marc Bonnant (Genève) et le Bâtonnier Christian Charrière-Bournazel (Paris). Ces deux « Légendes » m’ont enseigné que l’engagement et l’éloquence, au service de la vérité et de la justice, sont des actes d’humanité. Créé en 2018, ce festival international d’éloquence, d’arts et de cultures prend la forme singulière d’un procès pénal fictif où avocats, responsables politiques, chefs d’entreprise, philosophes, artistes, et scientifiques incarnent les rôles d’accusateur, défenseur ou témoin pour plaider autour de sujets d’actualité majeurs. Loin du théâtre ou du débat académique, c’est une expérience immersive où la parole devient un outil de transformation collective. L’objectif est d’exhausser l’esprit humain, de susciter l’émotion, de provoquer la réflexion, et surtout, de créer un écosystème unique favorisant les échanges économiques, sociaux et les opportunités stratégiques.
Depuis la première édition à Paris en 2018, vous avez organisé plusieurs éditions en Europe et en Afrique, réunissant plus de 2 000 participants de plus de 40 nationalités avec des Chefs d’États, des Ministres, PDGs, intellectuels, avocats , scientifiques etc. Quels enseignements majeurs tirez-vous de ces expériences ?
Lors de la première édition (2018), l’événement interrogeait de manière improvisée et audacieuse la relation entre le divin et l’humain, offrant une scène aux rhétoriciens pour confronter la joie du Créateur et celle des créatures. La deuxième édition (2019), a instruit « Le Procès de Dieu », et ouvert le débat sur l’existence de Dieu et sa responsabilité dans la souffrance ou le salut de l’Humanité, le Grand Jury renvoyant la décision à une délibération éternelle. Avec la troisième édition (2021), « Le Procès du Progrès », l’interrogation s’est déplacée vers le rôle du progrès scientifique et économique : le progrès a été « acquitté au bénéfice du doute », mais condamné à « une éternité de travaux d’intérêt général ». Enfin, la quatrième édition (2024) avait pour thème « L’Éloge des Femmes », mettant à l’honneur la contribution des femmes dans toutes les sphères de la société, avec un appel renouvelé à leur pleine participation au développement global.
Pour répondre à votre question je dirais que les éditions précédentes du Choc des Légendes nous ont profondément confortés dans une conviction : chaque société a besoin de lieux où la parole, la création et la conscience s’unissent pour inspirer l’action. Chaque édition a été une rencontre entre des générations, des disciplines et des cultures qui, ensemble, redonnent du sens à la légende collective africaine.
Les retours ont été extraordinaires : les participants, les institutions et les partenaires nous ont témoigné combien cet événement a su conjuguer émotion, réflexion et engagement concret. L’un des enseignements les plus marquants est que la jeunesse, qu’elle soit africaine ou européenne, veut être actrice du changement, pas simple spectatrice. Nous avons donc appris à écouter davantage, à donner la parole aux talents émergents, et à transformer chaque édition en un véritable laboratoire d’idées et d’initiatives durables.
Quelle est votre vision à court, moyen et long terme pour faire évoluer ce festival ?
À court terme, nous voulons renforcer l’impact de nos rencontres, en créant davantage de synergies entre les sphères économiques, institutionnelles, scientifiques et culturelles.
À moyen terme, notre ambition est d’institutionnaliser le Choc des Légendes comme le grand rendez-vous panafricain des consciences et de l’action durable et féconde, un espace où les décideurs, les entreprises, les intellectuels, les artistes, les chercheurs et les communautés se rencontrent pour penser et concevoir l’avenir du continent africain et du monde.
Et à long terme, nous souhaitons en faire une plateforme mondiale de plaidoyer et d’impact positif qui promeut une Afrique souveraine, durable et inspirante, à l’image de ses légendes.
Le Choc des Légendes n’est pas seulement un événement, c’est un écosystème transformateur.
La 5e édition se tiendra à Cotonou les 28 et 29 novembre 2025, sous le thème «Le Procès de la Terre ». Pourquoi ce thème, et quels sont vos objectifs précis pour cette édition ?
Cette 5ᵉ édition, placée sous le thème « Le Procès de la Terre », sera un moment fort de réflexion et d’engagement. Notre objectif est double : rappeler l’urgence de repenser notre rapport à la planète, et mener des réflexions pour un avenir durable dans sa dimension holistique, environnementale, humaine, économique. Nous attendons de cette édition qu’elle marque un tournant : celui du passage du plaidoyer à l’action. Cotonou accueillera des personnalités économiques, politiques et culturelles venus d’Europe, du Moyen Orient et d’Afrique. Notre ambition est que chaque participant reparte, non seulement inspiré, mais aussi lié à un projet, une idée ou une alliance concrète pour la planète. Il est important de garder à l’esprit que l’engagement pour l’environnement est un combat qui nous concerne tous et nos enfants également, il n’y a qu’une seule planète Terre, il nous faut en prendre soin.
Un mot pour conclure ?
Si vous voulez faire des rencontres extraordinaires et vivre un moment hors du temps, retrouvez nous avec Panache les 28 et 29 Novembre prochain à Cotonou au Bénin pour vivre le « Procès de la Terre ».
Par A. KOUASSI Junior