
Vous cumulez plus de 20 années d’expérience dans l’événementiel économique stratégique, après vos études en langue étrangères et sciences de gestion. Quels moments clés ont structuré votre trajectoire jusqu’à la direction du Salon International Maritime Expo (IME) ?
Mon parcours repose sur plus de 20 années d’expérience dans l’événementiel économique stratégique, avec une spécialisation dans la conception et le pilotage de plateformes B2B à dimension nationale et internationale. Après des études en langue étrangères et sciences de gestion, j’ai rapidement évolué vers des fonctions de coordination et de direction de projets, en collaborant étroitement avec des opérateurs économiques nationaux, des institutions publiques, des Associations professionnelles et des bureaux de représentations internationales. Plusieurs étapes ont été déterminantes : la gestion d’événements à portée internationale, la structuration de partenariats stratégiques et le développement de contenus à forte valeur sectorielle. Ces expériences m’ont permis d’acquérir une vision transversale des enjeux économiques et de la diplomatie d’affaires.
Après une carrière de 17 ans au World Trade Center d’Algiers, en tant que Directrice des Événements, qu’est-ce qui vous a motivée à mettre votre expertise au service de l’ambition maritime algérienne à travers IME ?
Après toutes ces années au World Trade Center d’Algiers en tant que Directrice des Événements, j’ai eu l’opportunité de piloter des manifestations économiques d’envergure internationale et de contribuer activement à la promotion des échanges et des partenariats stratégiques. Cette expérience m’a permis de développer une expertise solide dans la structuration des rencontres B2B à fort impact. Mettre cette expertise au service de l’ambition maritime algérienne s’est imposé comme une évidence. Le secteur maritime constitue un levier stratégique majeur pour la diversification économique et le développement des échanges internationaux. Le véritable déclic est intervenu lors de ma collaboration à l’organisation de la Intra-African Trade Fair 2025, organisée en Algérie. Cette expérience d’envergure continentale a renforcé ma conviction qu’il était temps de créer une plateforme sectorielle forte, dédiée aux enjeux maritimes, portuaires et logistiques, capable de positionner l’Algérie comme un hub stratégique en Méditerranée et en Afrique.

Vous dirigez aujourd’hui le Salon International Maritime Expo. Quelle est l’ambition fondatrice de ce rendez-vous ?
L’ambition du Salon International Maritime Expo est claire : créer une plateforme stratégique capable de structurer, connecter et projeter l’écosystème maritime algérien et africain à l’échelle internationale. IME n’a pas été pensé comme un simple salon d’exposition, mais comme un outil d’accélération économique, de dialogue institutionnel et de création d’opportunités concrètes pour l’ensemble de la chaîne maritime et portuaire.
Pourquoi avoir choisi l’Algérie comme terre d’ancrage de ce salon international ?
L’Algérie dispose d’atouts exceptionnels : plus de 1 200 km de façade maritime, une position géographique stratégique entre l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient, et surtout une volonté politique affirmée de moderniser ses infrastructures portuaires et logistiques. Plus de 95 % de son commerce extérieur transite par voie maritime. Il était donc naturel que l’Algérie se dote d’un salon international à la hauteur de ses ambitions maritimes.
Comment définiriez-vous IME à un acteur africain ou international ?
IME est le carrefour où se rencontrent les décideurs, les investisseurs et les opérateurs pour bâtir le futur maritime et logistique de l’Afrique.
Qu’est-ce qui distingue IME des autres salons maritimes internationaux ?
IME se distingue par son positionnement hybride : à la fois plateforme d’affaires, espace de diplomatie économique et vitrine des transformations portuaires africaines. Nous mettons l’accent sur les rencontres B2B ciblées, la qualité des contenus stratégiques, et surtout sur la capacité du salon à générer des partenariats durables, au-delà des trois jours de l’événement.
Concrètement, que gagne un exposant ou un visiteur à participer à IME ?
Participer à IME, c’est accéder à une visibilité internationale sur un marché maritime en pleine croissance, à des rencontres qualifiées avec des décideurs publics et privés, à des opportunités d’affaires réelles dans la gestion portuaire, la logistique, l’ingénierie, les équipements, la digitalisation et la formation, et à une compréhension fine du marché algérien et africain.

À qui s’adresse prioritairement le Salon International Maritime Expo ?
IME s’adresse aux autorités portuaires, compagnies maritimes, logisticiens, transitaires, industriels, fournisseurs d’équipements, investisseurs, banques, assureurs, cabinets de conseil et acteurs de la formation. C’est un salon transversal, conçu pour rassembler l’ensemble de l’écosystème maritime et portuaire.
IME s’inscrit dans un contexte de ZLECAF et d’intégration africaine. Quel rôle le salon joue-t-il dans cette dynamique ?
La ZLECAF ouvre une nouvelle ère pour le commerce intra-africain. IME se positionne comme un outil opérationnel au service de cette intégration, en favorisant les connexions entre ports africains, en facilitant la structuration de corridors logistiques et en mettant en relation, les acteurs capables de transformer cette ambition politique en réalité économique.
Que souhaitez-vous faire découvrir aux visiteurs à travers l’écosystème maritime algérien ?
Nous souhaitons montrer une Algérie en pleine mutation : ports modernisés, zones logistiques intégrées, nouvelles capacités d’exportation, ouverture aux partenariats internationaux. IME est une vitrine, mais aussi une porte d’entrée concrète pour ceux qui souhaitent investir, s’implanter ou coopérer avec l’Algérie.
Quelles thématiques structurent le programme du salon ?
Le programme couvre les enjeux majeurs du secteur de la modernisation et gouvernance portuaire, la digitalisation et des ports intelligents, de la transition énergétique et la durabilité maritime, du financement des infrastructures, et du développement des compétences et formation professionnelle.
Nous avons conçu un contenu à la fois stratégique, opérationnel et orienté solutions.
Quels profils d’exposants et de partenaires recherchez-vous pour les prochaines éditions ?
Nous recherchons des acteurs qui veulent construire sur le long terme : opérateurs portuaires, équipementiers, entreprises technologiques, investisseurs, institutions financières, cabinets de conseil, organismes de formation. IME est un salon de qualité destiné aux professionnels.
Quel message adressez-vous aux investisseurs et acteurs africains qui hésitent encore à participer ?
Je leur dirais que le futur du commerce africain se joue aujourd’hui sur la mer. IME est l’endroit idéal pour anticiper les transformations, identifier les opportunités et nouer les bons partenariats au bon moment.
Votre ambition personnelle pour IME à moyen terme ?
Faire d’IME un rendez-vous incontournable du calendrier maritime africain, reconnu pour la qualité de ses contenus, la pertinence de ses rencontres et son impact réel sur les économies portuaires du continent.
Pourquoi les lecteurs d’Africa Harbors doivent-ils absolument inscrire IME à leur agenda ?
Parce que le Salon International Maritime Expo (IME) est bien plus qu’un salon : c’est un point de convergence stratégique, un espace où se dessine le futur maritime de l’Afrique, avec l’Algérie comme carrefour naturel entre la Méditerranée et le continent africain. C’est une plateforme orientée sur les résultats, pensée pour générer des connexions qualifiées et des projets structurants. Nous avons également conçu des packages spécialement dédiés aux exposants étrangers, incluant la prise en charge de l’hébergement, les transferts, l’espace d’exposition ainsi qu’un agenda B2B personnalisé. Notre objectif est clair : faciliter leur participation, optimiser leur retour sur investissement et faire d’IME, une expérience professionnelle complète, efficace et stratégique.
Interviiew réalisée par Liadé BOUABRE (Expert Marketing, Communication et Média– Directeur Africa Harbors)
Dossier spécial | Salons & diplomatie portuaire africaine