CLOETE VINCIA : Gouvernance des projets d’infrastructures portuaires : l’exemple de la Namibie

DIRECTRICE EXÉCUTIVE DE VINCIA & CO INC ET MEMBRE DU CONSEIL D’ADMINISTRATION DE L’AUTORITÉ PORTUAIRE DE LA NAMIBIE Dans le secteur portuaire, la réussite d’un projet d’infrastructure ne dépend pas seulement des financements ou des capacités techniques. Elle repose avant tout sur une gouvernance claire et efficace : transparence dans les décisions, coordination entre institutions, responsabilité des acteurs et prise en compte des enjeux sociaux et environnementaux. En Afrique, où les ports sont des catalyseurs de croissance et d’intégration régionale, cette dimension est cruciale. La Namibie illustre cette réalité avec ses projets portuaires ambitieux à Walvis Bay et Lüderitz, qui visent à faire du pays un hub logistique régional. Les principes de gouvernance portuaire La gouvernance des projets portuaires s’appuie sur plusieurs piliers :

• Cadre réglementaire clair, définissant les rôles et responsabilités de chaque acteur.

• Coordination interinstitutionnelle, reliant investissements portuaires et infrastructures terrestres ou douanières.

• Transparence et redevabilité, indispensables pour gagner la confiance des investisseurs et des usagers.

• Participation des parties prenantes, intégrant entreprises et communautés locales.

• Durabilité, en intégrant les normes environnementales et sociales.

Ces principes permettent de transformer un projet isolé en moteur de développement régional.La Namibie et son cadre institutionnel La gestion des ports namibiens est assurée par Namport (Namibian Ports Authority), créée en 1994. Cette entité publique administre Walvis Bay et Lüderitz, sous la tutelle du ministère des Transports. Grâce à un mandat légal fort et des obligations de transparence, Namport a pu piloter des projets majeurs et dialoguer efficacement avec des bailleurs comme la Banque africaine de développement. Cette organisation donne à la Namibie une crédibilité institutionnelle rare en Afrique.L’extension de Walvis Bay Projet phare, l’extension du port de Walvis Bay a consisté à construire un nouveau terminal à conteneurs de 40 hectares entre 2014 et 2019. D’un coût d’environ 200 millions USD, financé en grande partie par la BAD, il a doublé la capacité du port (de 355 000 à 750 000 EVP/ an).. Ce terminal moderne, équipé de 600 m de quai et de grues de dernière génération, a réduit le temps de transit des marchandises et renforcé l’attractivité du port face aux concurrents régionaux. Les corridors logistiques Consciente qu’un port doit être connecté à son hinterland, la Namibie a créé en 2000 le Walvis Bay Corridor Group (WBCG), un partenariat public-privé qui regroupe ministères, Namport, douanes, transporteurs et chambres de commerce.

Ce modèle a permis de développer des corridors stratégiques : Trans-Kalahari vers le Botswana et l’Afrique du Sud, Walvis Bay–Ndola–Lubumbashi vers la Zambie et la RDC, ou encore le Trans-Caprivi vers le Zimbabwe. Des ports secs pour les pays enclavés, comme celui de la Zambie, renforcent cette intégration. En 2023, la BAD a accordé 196 millions USD pour moderniser la ligne ferroviaire Walvis Bay–Kranzberg, confirmant l’importance de ces connexions. Vers l’économie verte En 2025, Namport a signé un accord avec le port de Sines (Portugal) pour développer des corridors verts et numériques, tournés vers l’hydrogène et les matières premières critiques. La Namibie se projette ainsi dans les chaînes de valeur du futur.

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