
Lors de la 4ᵉ Foire commerciale intra-africaine, le président Abdelmadjid Tebboune a affiché les ambitions maritimes de l’Algérie. Son projet ? Faire des infrastructures portuaires nationales des plateformes de transit ultra-rapides pour les nations africaines sans littoral, promettant un acheminement ferroviaire des marchandises en moins de 24 heures.
Une réaction tardive à la stratégie de Rabat
Si Alger présente cette initiative comme une percée stratégique, de nombreux analystes y voient surtout une réponse à l’avance prise par le Maroc. Depuis fin 2023, le Royaume chérifien a lancé une vaste offensive diplomatique et logistique baptisée « Initiative Atlantique ». Ce projet vise à désenclaver les pays du Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad) en leur offrant un accès direct à l’océan.
Les forces en présence : Projets concrets vs promesses
Le contraste entre les deux voisins maghrébins repose essentiellement sur le stade de réalisation des projets :
Le modèle marocain : S’appuie sur le futur port géant de Dakhla Atlantique (prévu pour 2028) et un réseau routier de plus de 2 000 km reliant le Sahel aux pôles de Tanger et Casablanca. Cette stratégie bénéficie de vingt ans d’investissements multisectoriels (banque, télécoms) dans la région.
L’ambition algérienne : Bien que séduisante sur le papier, elle se heurte à une réalité diplomatique complexe. Les tensions récentes avec Bamako et le manque d’investissements structurels préalables au Sahel fragilisent la crédibilité de l’offre algérienne.
Un enjeu de leadership régional
En somme, l’annonce du président Tebboune marque une volonté de retour sur la scène continentale. Toutefois, pour transformer cet essai, l’Algérie devra passer du discours politique à la mise en œuvre de partenariats solides. Pour l’heure, le risque est de paraître davantage motivé par la compétition avec le Maroc que par une véritable intégration économique durable avec ses voisins du Sud.