DAVID FOFANA : Réinventer le contrôle technique automobile en Afrique

PRÉSIDENT DIRECTEUR GÉNÉRAL DE MAYELIA AUTOMOTIVES (CÔTE D’IVOIRE)

De la modernisation des transports lagunaires à la libéralisation du contrôle technique automobile, découvrez le parcours fulgurant d’un entrepreneur qui transforme les infrastructures de mobilité en Afrique de l’Ouest. Pragmatique et innovant, il a bâti un empire industriel en rupture avec les modèles établis, pour offrir aux usagers des services efficaces et modernes.

Propos recueillis par : A. KOUASSI Junior

Votre expérience vous a permis de constater le manque d’efficacité dans le contrôle technique automobile, longtemps dominé par une seule structure. Comment êtes-vous passé de ce constat à la création de Mayelia, et comment avez-vous réussi à employer en moins de 5 ans 27 centres en Côte d’ivoire et 3 en Guinée, en intégrant des solutions digitales innovantes comme les unités mobiles contrôle ?
Mon expérience m’a révélé un secteur marqué par un monopole, une couverture géographique insuffisante et des délais excessifs pour les usagers. Ce constat n’était pas une critique, mais une opportunité. C’est ainsi qu’est née Mayelia Automotive Côte d’Ivoire, avec l’ambition de moderniser et de démocratiser le contrôle technique en misant sur la proximité, la qualité et l’innovation. En moins de cinq ans, nous avons déployé 27 centres fixes en Côte d’Ivoire et 3 en Guinée grâce à une stratégie claire : un maillage territorial rapide, des unités mobiles pour désenclaver les zones reculées, une digitalisation poussée (paiements en ligne, simulateurs, call center) et une culture d’entreprise centrée sur la formation, la transparence et l’excellence opérationnelle. Notre mission reste inchangée : contribuer à la sécurité routière et à la modernisation du secteur automobile en Afrique.

Comment appréciez vous la portée du programme gouvernemental de renouvellement du parc automobile, et dans quelle mesure a-t-il influencé vos opérations ?

Ce programme est une avancée majeure. Il répond à des enjeux cruciaux : sécurité, pollution, mobilité urbaine et compétitivité économique. Nous constatons déjà une amélioration du profil des véhicules contrôlés, plus conformes aux normes techniques et environnementales. Cela renforce la pertinence de notre mission et nous a poussés à adapter notre stratégie : renforcer notre maillage, accélérer la digitalisation et investir davantage dans la formation de nos équipes. Mayelia contribue pleinement à cette transformation, en offrant un service fiable, accessible et aligné sur les nouvelles exigences réglementaires.

À la lumière de votre expérience, comment la vision, la rigueur et la passion pour l’innovation vous ont-elles permis de briser des monopoles historiques et de racheter votre ancien concurrent ?

Entrer dans un secteur verrouillé exigeait plus qu’une bonne idée : il fallait une vision claire : devenir le partenaire stratégique des États africains, une exécution rigoureuse et une résilience inébranlable face aux obstacles. Nous avons connu des blocages, des résistances, des retards… mais à chaque fois, nous avons appris, ajusté, rebondi. Cette persévérance a porté ses fruits : nous avons racheté la SICTA, filiale de SGS, démontrant ainsi qu’une PME africaine, bien structurée et portée par une culture de performance, peut non seulement rivaliser avec les géants, mais les dépasser. Ce rachat n’est pas une fin, mais une étape vers un leadership africain responsable et tourné vers l’impact.

Pouvez-vous nous parler de vos initiatives sociales : centres mobiles, campagnes de sensibilisation à la sécurité routière, Mayelia Academy ?

Chez Mayelia, la performance économique va de pair avec l’impact social. Nos unités mobiles réduisent les trajets des usagers, facilitent la conformité technique et renforcent la couverture territoriale. La campagne «L’École de la route» sensibilise les enfants dès le primaire aux bons réflexes routiers parce que la prévention commence tôt. Quant à Mayelia Academy, elle répond au double défi du chômage des jeunes et du déficit de compétences techniques. En deux ans, plus de 150 jeunes ont été formés aux métiers de l’inspection, de la conduite sécurisée, de la cybersécurité ou de la prévention au travail. Ces initiatives ne sont pas symboliques : elles construisent un écosystème où l’innovation profite à tous.

Quel conseil donneriez-vous à ceux qui rêvent de lancer une start-up africaine à fort impact ?

L’Afrique a besoin de bâtisseurs ancrés localement mais porteurs d’une vision globale. Observez, écoutez, comprenez profondément les problèmes que vous voulez résoudre. Voyez grand, mais avancez pas à pas, avec rigueur, patience et lucidité. Chez Mayelia, chaque décision a été mesurée, chaque projet ajusté au terrain. La nouvelle génération d’entrepreneurs africains a le potentiel de transformer le continent et d’inspirer le monde. Il suffit d’y croire, de s’en donner les moyens, et de ne jamais perdre le cap, même dans la tempête.

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