
SECRÉTAIRE GÉNÉRAL – ASSOCIATION DE GESTION DES PORTS DE L’AFRIQUE DE L’OUEST ET DU CENTRE. LAGOS – NIGÉRIA
L’AGPAOC a 50 ans : en quoi ses rôles et missions ont évolué au service des ports membres ?
Créée il y’a cinq décennies, l’AGPAOC a considérablement fait évoluer son mandat. Initialement centrée sur la coordination technique et le partage d’expérience, l’Association est aujourd’hui un acteur incontournable du développement portuaire. Son rôle s’est élargi pour structurer son action autour de plusieurs missions prioritaires :
Modernisation technologique : pour accompagner la transformation digitale et l’adoption de nouvelles technologies. Développement durable : afin d’intégrer les enjeux environnementaux et promouvoir des pratiques éco- responsables.
Renforcement des capacités : via des programmes de formation avancés et le transfert de compétences spécialisées.
Intégration régionale : en facilitant les échanges et en harmonisant les procédures et statistiques portuaires.
Mise en œuvre opérationnelle : pour traduire en actions concrètes les recommandations issues de ses travaux.
L’AGPAOC est ainsi passée d’un forum d’échanges à un véritable catalyseur de développement, jouant un rôle clé pour renforcer la position des ports africains sur l’échiquier maritime mondial.
Quels sont les plus grands défis des ports africains aujourd’hui ?
Justement, la ZLECAf est-elle une opportunité de croissance pour les ports africains ?
Absolument. La Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf ) représente une opportunité historique. En créant un marché unifié de plus d’un milliard de consommateurs, elle devrait générer une croissance significative du trafic portuaire et diversifier les échanges, réduisant ainsi la dépendance aux exportations de matières premières. Elle favorisera l’émergence de nouveaux corridors commerciaux Est-Ouest, complétant les axes Nord-Sud traditionnels. Cette dynamique est cruciale pour développer le commerce intra- africain, aujourd’hui le moins développé au monde. À terme, cette croissance pourrait permettre à des ports comme Tanger Med ou Lomé de consolider leur statut de hubs intercontinentaux majeurs, offrant de véritables alternatives aux plateformes portuaires européennes ou asiatiques.