JEAN-MARIE KOFFI : « Bâtissons ensemble une façade portuaire attractive et performante »

SECRÉTAIRE GÉNÉRAL – ASSOCIATION DE GESTION DES PORTS DE L’AFRIQUE DE L’OUEST ET DU CENTRE. LAGOS – NIGÉRIA

L’AGPAOC a 50 ans : en quoi ses rôles et missions ont évolué au service des ports membres ?

Créée il y’a cinq décennies, l’AGPAOC a considérablement fait évoluer son mandat. Initialement centrée sur la coordination technique et le partage d’expérience, l’Association est aujourd’hui un acteur incontournable du développement portuaire. Son rôle s’est élargi pour structurer son action autour de plusieurs missions prioritaires :

Modernisation technologique : pour accompagner la transformation digitale et l’adoption de nouvelles technologies. Développement durable : afin d’intégrer les enjeux environnementaux et promouvoir des pratiques éco- responsables.

Renforcement des capacités : via des programmes de formation avancés et le transfert de compétences spécialisées.
Intégration régionale : en facilitant les échanges et en harmonisant les procédures et statistiques portuaires.
Mise en œuvre opérationnelle : pour traduire en actions concrètes les recommandations issues de ses travaux.

L’AGPAOC est ainsi passée d’un forum d’échanges à un véritable catalyseur de développement, jouant un rôle clé pour renforcer la position des ports africains sur l’échiquier maritime mondial.

Quels sont les plus grands défis des ports africains aujourd’hui ?

  1. Infrastructures :
    Une congestion chronique frappe de nombreux ports, souvent enclavés dans des villes devenues métropoles, comme à Lagos. Les connectivités terrestres restent défaillantes : réseaux ferroviaires saturés ou absents, et un réseau routier insuffisant pour évacuer les marchandises efficacement.
  2. Technologie :
    Un retard numérique persiste, avec des systèmes d’information fragmentés et un manque d’interopérabilité entre les acteurs. La cybersécurité constitue une vulnérabilité croissante face à des menaces de plus en plus complexes. Enfin, il existe un important déficit de compétences technologiques à combler parmi les agents portuaires.
  3. Réglementation :
    Les lourdeurs administratives continuent de ralentir inutilement les opérations. On observe une harmonisation régionale insuffisante des réglementations, ce qui handicape la fluidité du commerce intra-africain.
  4. Environnement et durabilité :
    La pression environnementale s’accroît, avec la nécessité de réduire l’empreinte carbone et de réussir la transition énergétique. La gestion des déchets portuaires et maritimes reste un défi. Enfin, l’érosion côtière et les impacts du changement climatique menacent directement les infrastructures.
    Ces défis, bien que considérables, sont aussi autant d’opportunités pour ceux qui sauront adopter une approche holistique, mêlant innovation, partenariats et durabilité.

Justement, la ZLECAf est-elle une opportunité de croissance pour les ports africains ?

Absolument. La Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf ) représente une opportunité historique. En créant un marché unifié de plus d’un milliard de consommateurs, elle devrait générer une croissance significative du trafic portuaire et diversifier les échanges, réduisant ainsi la dépendance aux exportations de matières premières. Elle favorisera l’émergence de nouveaux corridors commerciaux Est-Ouest, complétant les axes Nord-Sud traditionnels. Cette dynamique est cruciale pour développer le commerce intra- africain, aujourd’hui le moins développé au monde. À terme, cette croissance pourrait permettre à des ports comme Tanger Med ou Lomé de consolider leur statut de hubs intercontinentaux majeurs, offrant de véritables alternatives aux plateformes portuaires européennes ou asiatiques.

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