
Juriste et experte en partenariats publics-privés, Mme MINYA Marie-Noëlle, DRH du Port Autonome de Douala, pilote 2 700 collaborateurs. Elle modernise les processus RH, développe la formation professionnelle et valorise les talents, plaçant le capital humain au cœur de la compétitivité et du leadership féminin aPicain dans le maritime
Comment votre formation juridique et votre parcours dans le secteur portuaire ont-ils façonné votre vision du leadership et de la gestion stratégique des ressources humaines ?
Ma formation juridique m’a appris qu’aucune organisation ne peut être performante sans cadre clair et structurant. Le droit m’a donné rigueur, sens de l’équilibre et compréhension des mécanismes institutionnels qui gouvernent les ports.
Travailler sur les concessions portuaires et les partenariats stratégiques m’a montré que derrière chaque réforme, il y a des femmes et des hommes chargés de les mettre en œuvre. Aujourd’hui, à la tête des RH du PAD, je crée un environnement où les règles sécurisent l’action et où les talents donnent du sens. La performance durable commence lorsque l’humain devient la finalité de la stratégie.
Quelles expériences-clés et quels défis majeurs ont marqué votre ascension vers la direction des ressources humaines du groupe Port Autonome de Douala ?
Les ports africains, dont celui de Douala-Bonabéri, connaissent une transformation profonde : digitalisation, automatisation et exigences accrues de compétitivité. Aucune infrastructure ne surpasse une équipe compétente et engagée.
Nos priorités sont de structurer et fiabiliser les processus RH, former en continu, anticiper les métiers de demain et pérenniser la performance. Le projet de centre de formation professionnelle portuaire illustre cette vision, en préparant les compétences futures et en renforçant l’expertise locale. Diriger aujourd’hui, c’est structurer le présent tout en investissant dans l’avenir.
En ce mois de mars dédié aux droits des lemmes, quel message souhaitez-vous adresser aux lemmes et aux jeunes filles qui aspire à une carrière dans les secteurs portuaire, maritime et logistique ?
Ces secteurs ne sont pas réservés à un genre. La légitimité se construit par rigueur, constance et résultats. Les jeunes femmes doivent oser les filières techniques, juridiques, logistiques et managériales, se former, s’affirmer et ne pas s’auto-limiter.
Le leadership féminin dans le maritime africain est en pleine émergence. À travers mon engagement au sein de WIMAFRICA, je constate chaque jour que les femmes apportent une valeur stratégique, une vision inclusive et une capacité de transformation remarquable. Préparez- vous, persévérez et prenez votre place. Les ports africains de demain auront besoin de votre expertise et de votre engagement.