Un port peut disposer des meilleurs quais du continent, il ne vaut pas grand-chose si les camions n’arrivent pas à y entrer ou à en sortir. En Afrique du Sud, la Transnet National Ports Authority (TNPA) vient de s’en saisir.
Chaque jour, des files de poids lourds se succèdent aux abords du port de Richards Bay, pour livrer ou récupérer des marchandises. Passage après passage, les chaussées s’usent, se creusent et se fragilisent. Avec l’intensification du trafic, la dégradation s’est accélérée, au point que de simples réparations ne suffisent plus.
La TNPA, qui gère les infrastructures portuaires du pays, a donc décidé de passer à la vitesse supérieure : un programme de 375 millions de rands, soit environ 22,6 millions de dollars, pour remettre à neuf trois routes stratégiques desservant les terminaux et les installations du port : Urania Road, Newark Road et Ventura Road.
18 mois de travaux pour fluidifier la circulation
Le chantier doit durer 18 mois et ne se limitera pas à un coup de rabot. Les routes seront renforcées et élargies, avec des revêtements en béton, plus résistants au passage des camions. Le drainage et l’évacuation des eaux de pluie seront modernisés, et des équipements de sécurité routière supplémentaires seront installés.
Les objectifs sont clairs : faire circuler les marchandises plus facilement, protéger les usagers de la route et réduire le temps que les camions perdent à tourner autour du port.
Un maillon trop souvent oublié
Cette opération s’inscrit dans le programme de renouvellement des infrastructures de la TNPA et dans la stratégie « Reinvent for Growth » de Transnet, qui vise une logistique nationale plus performante et plus fiable, des ports au rail.
Les routes d’accès, longtemps considérées comme de simples détails, sont en réalité un point sensible. Lorsqu’elles sont saturées ou abîmées, elles créent des goulots d’étranglement : les opérations du port ralentissent, les délais de livraison s’allongent et les coûts logistiques grimpent.
Le problème dépasse largement Richards Bay. Selon la Banque mondiale, environ 60 % des coûts commerciaux supportés par l’Afrique naissent à l’intérieur même des pays. Infrastructures insuffisantes, retards douaniers, faiblesses logistiques, restrictions de transport, normes différentes d’un pays à l’autre : tout cela pèse bien plus lourd que la traversée des océans.
A travers ces travaux, l’Afrique du Sud veut prouver qu’un port de gagne aussi à terre.