C’est à Rabat, le 3 novembre 2026, que l’Agence française de développement (AFD) et l’Agence nationale des ports (ANP) du Maroc ont scellé un nouveau chapitre de leur coopération. La déclaration conjointe a été signée par le directeur général de l’ANP, Mustapha Farès, et la directrice de l’AFD au Maroc, Catherine Bonnaud, en présence du ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka. L’accord porte sur un troisième financement de 100 millions d’euros, soit environ 1,1 milliard de dirhams.
Le prêt est non souverain, d’une durée de 13 ans, et accordé sans garantie de l’État marocain. Il est qualifié de bonifié. Il doit soutenir le programme d’investissement 2023-2030 de l’ANP, qui accorde une place particulière aux provinces du Sud. Les fonds iront à la réhabilitation des infrastructures portuaires, aux énergies renouvelables et au dessalement, à la modernisation des ports de pêche, ainsi qu’à l’électrification des quais et à la décarbonation des activités.
Ce projet a mis du temps à se concrétiser. Il avait été annoncé à Dakhla par le directeur général adjoint de l’AFD, Bertrand Walckenaer, lors d’un forum d’affaires franco-marocain, et portait alors sur onze ports. Le conseil d’administration de l’AFD l’avait ensuite autorisé le 21 mai 2026, au titre du programme « Ports verts et résilients ». Sont concernés les ports de Tan-Tan, Tarfaya, Laâyoune, Boujdour, Dakhla et Lamhiriz. Ils occupent une place centrale dans l’ambition marocaine de faire de la façade atlantique un espace de connectivité et d’échanges avec les marchés africains. La stratégie portuaire nationale à l’horizon 2030 prévoit aussi de renforcer les infrastructures capables de desservir les économies enclavées du Sahel, notamment le Mali et le Niger.
Cette stratégie s’appuie sur un trafic en nette progression. D’après le ministère de l’Équipement et de l’Eau, les ports du Royaume ont traité 262,6 millions de tonnes de marchandises en 2025, contre 241,2 millions en 2024, soit une hausse de 8,9 %. Tanger Med a enregistré 10,3 millions d’EVP en transbordement, en progression de 7,9 % sur un an. L’essor de Nador West Med et l’extension prévue de Tanger Med, avec un nouveau terminal de 4,5 millions d’EVP confié à APM Terminals, participent de la même dynamique.
Le partenariat entre l’AFD et l’ANP remonte à 2012. Il a débuté avec un prêt de 50 millions d’euros et une subvention d’assistance technique de 300 000 euros. En juillet 2020, un deuxième prêt de 100 millions d’euros, assorti d’une subvention de 800 000 euros, avait été signé. Le nouvel accord s’inscrit dans la continuité de ces deux financements.
Reste pour le Maroc à transformer ces investissements en capacités de traitement et en connexions logistiques réelles. La compétitivité des ports dépendra aussi de leur desserte terrestre, de leur attractivité auprès des armateurs et de leur capacité à capter les flux commerciaux régionaux