DU JOURNALISME POLITIQUE À LA TÊTE DE4 DIRECTIONS EN UNE AU PAA

Par / By : A. KOUASSI Junior

DR PALÉ TITI
DIRECTRICE COMMERCIALE, MARKETING, COMMUNICATION ET COOPERATION DU PORT AUTONOME D’ABIDJAN (CÔTE D’IVOIRE)

Du journalisme à la stratégie portuaire, Dr. Titi incarne la puissance d’un leadership multidisciplinaire. À la tête de la Direction Commerciale, Marketing et Communication du Port Autonome d’Abidjan, elle a su transformer le récit institutionnel en levier de compétitivité économique. Retour sur un parcours atypique, les défis du 75e anniversaire et sa vision pour l’avenir des ports aPicains, où elle affirme avec conviction que le leadership ne se définit pas par le genre, mais par l’impact et la capacité à transformer les systèmes.

Dr Titi, comment votre parcours mêlant journalisme, écriture et communication a-t-il façonné votre vision du leadership et préparé votre engagement dans le secteur portuaire ?


Je suis le fruit d’un parcours multidisciplinaire qui m’a appris à lire les systèmes avant d’agir sur eux. Et cela change tout.
Le journalisme m’a apprise la rigueur de l’information et la responsabilité du récit. L’écriture, elle, m’a enseignée la profondeur de la pensée, tandis que la communication m’a inculquée le sens, la responsabilité, l’écoute, la discipline stratégique et la culture collective. Tous ces acquis qui sont à mon sens les fondements du leadership, me permettent au quotidien
de fédérer mon équipe autour d’une vision claire de la Direction Générale du Port Autonome d’Abidjan, de créer de la cohérence et de donner du sens à notre action collective.
Dans un environnement aussi stratégique que le secteur portuaire, où les enjeux sont à la fois économiques, géopolitiques et sociaux, savoir informer avec précision et pédagogie est essentiel. La communication devient alors un outil de confiance et de performance.
Ce secteur est par ailleurs un écosystème complexe où se croisent enjeux économiques, humains, diplomatiques et logistiques. Mon parcours m’a permis d’accéder à cet univers avec une grille de lecture globale : comprendre les systèmes, construire le récit, et produire des résultats.


Quelles motivations vous ont conduite à investir le domaine portuaire et à transformer votre maîtrise du récit et de l’influence en levier de perlormance au Port d’Abidjan ?


Le Port d’Abidjan est un espace stratégique majeur au service du rayonnementde l’économie nationale et sous-régionale. Lorsque j’ai pris les rênes de la Direction Commerciale, Marketing et de la Communication du Port Autonome d’Abidjan (PAA) en 2022, nous sortions d’une décennie de grands travaux de développement qui ont profondément modernisé et restructuré la plateforme portuaire d’Abidjan.
Le défi était immense et le leitmotiv était donc de transformer l’investissement en performance durable. Il fallait non seulement exploiter les nouvelles infrastructures, mais surtout les faire comprendre, les faire connaître et les commercialiser. Le récit est alors devenu un outil de compétitivité au service de la promotion du Port d’Abidjan.
Un port moderne qui ne communique pas stratégiquement reste invisible. Or l’invisibilité coûte cher. Nous avons donc structuré une approche commerciale offensive par la reconquête de parts de marchés, la fidélisation de notre clientèle, la valorisation de notre offre de service, l’attractivité de notre plateforme portuaire et ainsi le renforcement de notre position de hub régional sur la côte ouest-africaine.


À la tête d’une direction stratégique d’un port leader régional, queJs défis majeurs avez-vous resevés, notamment lors du 75e ann;versa;re en 2025, et quelles Jeçons de leadership en tirez- vous ?


Le principal défi est la coordination stratégique. Diriger des départements aussi structurants que le commerce, le marketing, la communication, la coopération internationale et les relations publiques, impose une cohérence logique, et exige une vision intégrée et surtout alignée sur les objectifs commerciaux, la promesse marketing et le discours institutionnel. Concernant les festivités du 75e anniversaire du Port d’Abidjan, qui se sont déroulées les 11 et 12 septembre 2025, sous le Haut patronage du Président de la République, SEM. Alassane OUATTARA, il ne s’agissait pas que d’une simple célébration. C’était une déclaration stratégique au cours de laquelle nous avions la charge de transformer une commémoration en plateforme de rayonnement international, démontrer le chemin parcouru en 75 ans avec un point d’honneur les dernières modernisations infrastructurelles, et enfin, projeter nos ambitions futures. Ce moment charnière, riche en leçons, m’a confirmée que le leadership exige une discipline émotionnelle et d’anticipation ; la crédibilité d’une institution repose sur la cohérence entre le discours prononcé et la performance réelle ; et la réussite collective prime toujours sur la mise en avant individuelle.
Je ne saurais omettre qu’un anniversaire institutionnel peut devenir un véritable levier de repositionnement stratégique, si l’on sait l’inscrire dans une narration d’avenir.


Quelle vision portez-vous pour un avenir des ports africains et queJs conseilss adresseriez-vous aux jeunes, en particulier aux jeunes femmes ?


Les ports africains entrent dans une nouvelle ère, celle de la digitalisation, de la transition écologique, de la compétitivité logistique, et d’une intégration régionale renforcée. L’avenir appartient aux plateformes capables d’anticiper les mutations mondiales tout en alliant infrastructures modernes, excellence opérationnelle et intelligence stratégique ; et je reste convaincue que les ports africains ne doivent pas seulement être des points de transit, mais bien plus, des catalyseurs de transformation économique.
Aux jeunes, je dirai que le secteur portuaire n’est pas uniquement réservé aux ingénieurs ou aux logisticiens. C’est une synergie de profils pluridisciplinaires dont des analystes, des communicants, des juristes, des financiers, des spécialistes du digital, des experts en genre et gouvernance. Et la porte leur est ouverte pour contribuer de manière significative à la performance de ce secteur économique stratégique.
Aux jeunes femmes en particulier, n’entrez pas dans le domaine portuaire pour prouver. Entrez-y plutôt pour le transformer. Le leadership n’est pas une question de genre, mais bien au contraire une question de vision, de courage et d’impact mesurable. Travaillez votre expertise et refusez l’autocensure. Dans les secteurs exigeants, la crédibilité ne s’achète pas. Elle se construit par la compétence et la constance.

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