
Par :
Dr. Yann ALIX
Délégué Général – Fondation SEFACIL – France
& Chercheur Associé – Académie Régionale des Sciences et Techniques de la Mer (ARSTM) – Côte d’Ivoire
En mai 2009, le Port Autonome du Havre et l’IPER sont distingués par le prix du Local Community & Ports du Genoa IAPH Essay Contest avec un plaidoyer intitulé « Réseau International des Femmes Portuaires : L’initiative Ouest et Centre-Africaine ».
Le papier établit le constat que l’accès des femmes aux plus hautes fonctions managériales dans les ports africains (et pas seulement !) ne peut se renforcer qu’avec un appui renforcé de la formation professionnelle. La reconnaissance des savoirs et des savoir-faire passe par une validation des acquis et des compétences, sans évoquer nécessairement l’égalité des chances ni même celle des sexes.
Cette posture demeure d’actualité encore en 2026 mais les avancées en la matière apparaissent évidentes avec la publication de ce deuxième volume d’Harbors. Les barrières s’effacent au fur et à mesure que progresse le mentorat de femmes qui ont su s’imposer dans un milieu toujours caractérisé par une forte représentation masculine. Les retours d’expériences et la confrontation par le partage demeurent les véhicules les plus efficaces dans une conduite permanente du changement et des mentalités. En mettant à l’honneur des femmes remarquables, le présent numéro participe à l’émancipation mais surtout à la reconnaissance d’une réalité et plus seulement d’une revendication. Il met en perspective que les femmes occupent tout autant des postes de directrice générale que des fonctions à toutes les strates de décision dans les opérations, l’innovation ou encore dans la gestion environnementale. Les métiers portuaires et logistiques évoluent et les femmes jouent un rôle clé dans la transformation intellectuelle et managériale des professions. Elles portent un regard souvent différent dans la gestion des relations entre les collaborateurs, dans l’appréhension des conflits ou l’administration des consensus et l’obtention des compromis.
De Tanger à Durban en passant par Abidjan ou Djibouti et Walvis Bay, toutes ces places portuaires furent pionnières dans la promotion des femmes. Elles ont fait confiance à la compétence. Elles ont reconnu le charisme et le leadership. Elles ont participé à une normalisation qui n’est toutefois pas encore la norme puisque les ports africains sont encore très largement dirigés par des hommes. Et de conclure en reprenant les mots de 2009 car nous ne serions en dire autrement avant de vous laisser lire des témoignages tous plus inspirants les uns que les autres qui participent à l’évolution positive de la féminisation des emplois maritimes, portuaires et logistiques :
« Le pari est de voir se développer d’autres formes managériales basées sur des valeurs différentes. Les réflexes culturels et identitaires des femmes restent distincts et complémentaires de ceux des hommes. Au-delà d’une féminisation de la direction des ports, ce sont des bouleversements sociétaux qui sont espérés avec le soutien de nouveaux réseaux solidaires de développement des activités économiques et sociales. L’intégration des communautés locales dans les affaires portuaires et les retombées des actions portuaires sur les communautés locales profiteront de la présence de plus de femmes ! » (Alix & Gruchy, 2009)