
VIVIANE C RICHARD-EDET
DIRECTRICE EXÉCUTIVE DES PORTS DU NIGÉRIA
EXECUTIVE DIRECTOR OF NIGERIAN PORTS
Après plus de 25 ans dans le secteur bancaire, la direction financière et administrative de l’Autorité portuaire nigériane met son expertise en gouvernance financière, gestion des risques et leadership stratégique au service de la transformation du système portuaire. Dans cet entretien, elle revient sur les défis rencontrés à son arrivée, les réformes engagées et le rôle des ports dans la vision de l’économie bleue portée par le président Bola Ahmed Tinubu.
Votre carrière s’est construite dans le secteur bancaire. Comment cette expérience vous prépare-t-elle à diriger les finances de l’Autorité portuaire nigériane ?
Après plus de deux décennies dans la banque, j’ai développé une solide discipline financière fondée sur la gestion des risques, la conformité réglementaire et la planification stratégique. Cette expérience est essentielle pour une institution comme l’Autorité portuaire nigériane, où la gestion rigoureuse des ressources, l’optimisation des revenus et la transparence financière sont indispensables. Elle m’a également permis de travailler dans des environnements fortement réglementés et de renforcer les systèmes de gouvernance et de contrôle interne.
Quels étaient les principaux défis lorsque vous avez pris fonction ?
Les défis étaient multiples. Nous devions améliorer l’efficacité opérationnelle des ports, notamment en réduisant la congestion et les délais de traitement des marchandises. Il fallait aussi renforcer la mobilisation des revenus internes tout en assurant une stricte discipline budgétaire. Par ailleurs, la modernisation des infrastructures portuaires et le rétablissement de la confiance entre les différentes parties prenantes opérateurs de terminaux, compagnies maritimes et régulateurs figuraient parmi nos priorités.
Quelles sont les réformes, mises en place pour relever ces défis ?
Nous avons structuré notre programme de réforme autour de plusieurs axes. D’abord, la digitalisation et l’automatisation des processus afin de réduire les inefficacités et améliorer la transparence. Ensuite, le renforcement des contrôles financiers et l’optimisation des coûts pour éliminer les fuites de revenus. Nous travaillons également à la modernisation des infrastructures portuaires, grâce à des partenariats public-privé, tout en investissant dans le développement des compétences de notre capital humain.
Comment ces réformes s’inscrivent-elles dans la vision de l’économie bleue du gouvernement ?
L’économie bleue vise à faire du secteur maritime un moteur de diversification économique et de croissance. Notre rôle est de traduire cette vision en résultats concrets
: moderniser les infrastructures, améliorer la compétitivité des ports et renforcer les systèmes de gestion des revenus. Nous investissons aussi dans la digitalisation et dans des systèmes portuaires intégrés afin de réduire les délais et d’améliorer la fluidité du commerce maritime.
Quel message souhaiteriez-vous adresser aux jeunes, notamment aux jeunes femmes ?
Je leur dirais de ne pas limiter leurs ambitions. Les secteurs de la finance, de la logistique et de la gouvernance publique offrent aujourd’hui, d’immenses opportunités. L’essentiel est d’investir dans l’éducation, de développer des compétences analytiques solides et de rester confiantes dans des environnements parfois dominés par les hommes. Avec de la détermination et de la préparation, les jeunes professionnels peuvent non seulement bâtir des carrières solides, mais aussi contribuer de manière significative au développement du Nigeria et de l’Afrique.