
Depuis quatre millénaires, les plus grandes puissances politiques et économiques ont toutes en commun de s’être construites sur la maîtrise des réseaux de circulation et les moyens de communication. Or, au XXIème siècle, force est de constater que l’immensité africaine pâtit toujours d’un manque cruel de routes asphaltées et de voies ferrées pour connecter les potentiels du plus jeune et bientôt du plus peuplé de tous les continents.
Les ports africains, et dans une moindre mesure les aéroports, font figure d’exception tant leur modernisation fut au cœur de politiques publiques ambitieuses entamées dès le début des années 2000.
De Durban à Abidjan, de Tanger Med à Djibouti, de Pointe-Noire à Mombasa, les terminaux se sont spécialisés sur la base de partenariats public-privé. Les opérateurs et investisseurs internationaux ont pris le risque de bâtir avec les autorités régaliennes des écosystèmes performants au service du développement socio-économique des nations.
Toutefois, dans la pluralité portuaire africaine, les contrastes demeurent et il reste encore tant à faire, notamment sur les marchés jugés secondaires ou éloignés des grandes routes maritimes. Les bailleurs de fonds africains et internationaux ne s’y trompent pas avec des véhicules financiers toujours mieux adaptés aux réalités vécues sur le terrain portuaire.
L’innovation n’est pas que technique ou technologique ; elle devient managériale avec des gouvernances toujours plus inclusives. Les bâtisseurs sont des leaders qui nourrissent l’ambition de transmettre aux jeunes générations en impliquant toujours plus de femmes dans la conduite des affaires et du changement.
Les ports africains se digitalisent. Ils se verdissent. Ils s’automatisent. Ce sont les fondements d’une économie portuaire africaine toujours plus compétitive et attractive ; nœuds indispensables des futures chaines globales de valeur qui passeront par Kribi ou Ndayane.
Avec une économie-monde toujours plus turbulente, disposer d’un réseau portuaire africain efficace permet de projeter une meilleure inclusion du continent dans les circuits d’approvisionnement, de transformation et de distribution. Cela soutient l’ambition d’accroître les potentiels d’échanges entre partenaires africains au sein de la plus vaste zone économique de libre échange (ZLECAf ). C’est réussir le pari des transitions, (économique, énergétique et écologique) porté par une vision et une planification audacieuses de la part des politiques publiques. C’est enfin se mettre au service de toutes les africaines et les africains qui aspirent à gagner en pouvoir d’achat et en qualité de vie.
Dédier une revue spécialisée sur les écosystèmes portuaires africains, c’est participer en quelque sorte à cette construction d’avenir. C’est mettre en exergue le travail des bâtisseuses et des bâtisseurs qui sont les architectes de transformations durables. C’est échanger, questionner ou encore débattre sur le devenir du continent. C’est peut-être et surtout l’occasion de se connaitre et de se reconnaitre pour qu’ensemble nous allions plus loin et probablement plus vite dans l’accélération d’une histoire portuaire qui est sans cesse en train de s’écrire.